Ciel de fête...

Il se passe quelque chose
En mon ciel ce matin
La flamme à peine éclose
Lui fait un joli teint

Il se passe quelque chose
En mon ciel ce matin
La tour qui prend la pose
Pour l'astre souverain

Il se passe quelque chose
En mon ciel ce matin
Nuages virtuoses
Éphémère fusain

Il se passe quelque chose
En mon ciel ce matin
Divine apothéose
D'une nuit qui prend fin

Il se passe quelque chose
En mon coeur ce matin
L'émotion qui implose
La vie qui prend ma main

 

Mots...

Un mot sur le papier.

Et puis un autre.

Ils s'accrochent, s'enlacent, se mêlent, se bousculent parfois, s'ordonnent finalement et forment une ronde.

Ils dansent joyeux ou tristes.

A quoi riment-ils?

Ils avouent, libèrent, déshabillent l'âme ou le cœur. Chacun ses maux. D'amour.

Ils informent, transmettent, caressent, émeuvent, content ou racontent, séduisent, blessent ou rassurent,  s'improvisent parfois.

Certains, plus hauts que d'autres, s'égarent.

Je leur préfère les doux et les bons. Nés d'une plume émue, couchés sur un papier de soi, ils demeurent, traces d'encres émotiques, sur les pages de nos vies.

En rose et noir...

Voûtée, le corps en canne

Imper rose jambon

Bottines léopard, chapeau noir

Elle s'éloigne à pas lents et las

Assortie à la réclame murale

 

Fine tranche de vie

Éphémère chiffonnade

Monsieur l'Agent...

"Agent Java a cessé de fonctionner" me dit la machine... Aïe!

"Un problème est à l'origine du dysfonctionnement" croit-elle utile d'ajouter en guise d'explication explicative...

Mais qui est cet "agent"?

Est-il secret ou bien viral?

Un danseur de Broadway?

Peut-être pas le vrai de vrai...

Un nom de code en réalité. L'agent serait-il double?...

Java. Un langage. Orienté objet bien sûr puisqu'il s'agit de mots spéciaux pour par-ler-aux-ma-chi-nes, qui aura fait rayonner Sun en son temps.

Bon, mais que faire?

Implorons l'Oracle qui mène aujourd'hui la danse.

Le sujet doit-il rechercher activement un complément d'agent?

Ou simplement rester passif?

"Fermez/r le programme" répète à titre indicat-IF la machine booléenne, à l'intelligence art-IF-icielle, hésitant tout de même entre impérat-IF et infinit-IF.

Curieux tout de même, l'IF n'est-il pas plutôt affaire de conditionnel?

SI, bien sûr. Pas le bon mode de dysfonctionnement.

Mais fermons la donc, puisque l'on nous l'intime.

Et dansons maintenant!

Magnanville - 14 Juin 2016 - Pupille... de la nation...

Détruit, flingué, en mille et quelques morceaux, éparpillés, à l'intérieur.

3 ans. Si petit. Et la vie qui lui arrache le coeur, les tripes et tout l'amour d'un seul coup.

Mon père, ce héros... Nom de Dieu!

La nuit a fait place à la nuit, dans le vacarme foudroyant d'une fin mortelle.

Et les étoiles se sont noyées dans ses yeux crucifiés.

Ne reste que la pupille.

Abattue, assommée, perdue, assise dans ce dédale de pensées sombres, j'entends sans le vouloir des portes qui s'ouvrent, des voix qui appellent, des pas qui avancent, des sourires.

Rien d'autre que l'écho ressuscité de la vie.

Alors, je me souviens.

Du chant de la pluie et de la danse du vent.

Du goût du bonheur et de l'odeur des madeleines encore chaudes.

Dans le cadre...

Des oignons pour les larmes.
Des patates pour la frite.
Un homme en blanc, crâne pelé, déjà cuit.

Réfugié frigorifique?
Ou demandeur d'asile? A livrer...

Insolite air d'une Défense souterraine où les affaires sont dans les sacs.

Découverte, en surfant sur la toile...

Légende... :

"Épave de l’USS Saratoga, célèbre porte-avions américain de la seconde guerre mondiale. Le navire a été coulé lors d’essais nucléaires au large des îles de l’atoll Bikini, pendant l’opération Crossroads en 1946. Ce morceau constitue l’orifice dans lequel venait se loger l’arbre de propulsion."

 

Immobile à jamais, béant, asphyxié, le guerrier repose ancré au fond de l'océan, forcément Pacifique...

Ironie du port, il revient aujourd'hui dans la lumière sur cette photo souvenir, de l'horreur. Et pourtant si belle!

Quel message tente donc de nous livrer cette bouche bée, victime de cette bombe A, pas humaine... Euh...

Spermatozoïdes bleus en Bikini, à l'assaut de champignons nus et clairs, attirés par l'hymen, un presqu'hymne. A la Vie.

Un frisson. Irradiant.

Respirez. Ne respirez plus. Souriez.

Scène de rue...

Un homme. Avec son chien. La bonne cinquantaine. Métrosexuel.

Une femme. Botoxée sans aucun doute. Âgée depuis peu pour ne pas dire jeune vieille.

Elle s'avance vers lui, transpirant d'une faiblesse amoureuse qui crève les yeux mais surtout le coeur.

Parce que oui, le chien lui fait une fête folle, mais le maître lui, plutôt la gueule...

Chercher l'erreur...

Reprendre son souffle...

Pour ressusciter avant même d'avoir expiré.

Et si on le retient, si l'inspiration se fige, alors on suffoque, on étouffe.

Il a besoin d'oxygène et va sans cesse prendre l'air, l'air de rien, faire le plein, au  creux des oreilles.

Il se croit libre. Comme l'air.

Mais il est prisonnier. De mon cœur.

N'en soufflez mots. A personne.